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      En 2019, la ville de Vallauris Golfe-Juan et son école d’art céramique invitent Claire Lindner pour une collaboration : une résidence dans l’école, des master class, des rencontres et une présentation des oeuvres produites.

A Vallauris, s’appuyant sur des éléments issus du patrimoine local, Claire Lindner a ainsi pu prolonger ses réflexions dans de nouvelles séries de créations.

Depuis 2018 Claire Lindner développe une série intitulée L'air est une racine. Lorsqu’elle débute sa résidence à Vallauris, elle souhaite réfléchir à la production d’oeuvres qui feraient lien avec la ville. Telle une évidence, l'idée de travailler à partir d'éléments liés à l'histoire de la céramique vallaurienne s'est imposée à moi.
Rapidement son attention se porte sur des moules en plâtre, utilisés à l'origine pour le coulage de plats en forme de feuille. Ces moules issus de la production vallaurienne de l'après-guerre font partie d'un fonds que l'école constitue progressivement dans un but mémoriel et pédagogique. A partir de ces moules Claire Lindner réalise en estampage des feuilles qu'elle assemble en buissons. Il s’agit de la série principale produite à Vallauris.

En plus d’être attirée par la beauté et l'élégance de cette forme, la feuille a généré en moi tout un imaginaire auquel j'ai entrepris de donner corps. L'un des fils conducteurs de l'ensemble de mon travail est l'expression du vivant.
Qu'est-ce qui rend une forme vivante ? Mes sculptures sont une quête perpétuelle de réponse à cette question. La feuille est non seulement la représentation même du végétal et donc du vivant mais aussi un symbole onirique nous reliant aux paysages en mouvement de notre psyché et de nos émotions.


Parallèlement elle développe, dans une certaine continuité de L'air est une racine, une imposante oeuvre murale composée d'éléments tombant, coulant vers le sol : The fall.
Claire Lindner réalise aussi des essais avec une machine de l'école, une fileuse, qui permet d'extruder de fins colombins de terre et qui sert traditionnellement à produire des poignées (céramique utilitaire) et du "tressé", technique permettant de faire des pièces en céramique évoquant la vannerie. Entre deux séjours à Vallauris Claire reprend ses essais ; ils aboutissent aux séries Overflow et Blossoming.

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          Les oeuvres de Claire Lindner semblent se mouvoir de façon autonome. Elles sont organisées selon un principe dynamique, parfois explicité dans les titres qu'elle leur donne : tourbillon, noeud, entremêlé, chute ou débordement. Les couleurs de l'émail indiquent des températures ou des intensités dont le différentiel accompagne les mouvements des formes.
La sculpture céramique se donne ainsi à voir comme structure-mouvement : volute ascendante en un mouvement de torsion et de spirale ; cascade de formes chutant du bleu vers le rose, du mat vers le brillant, du ferme vers le pâteux ; filaments se répandant vers le sol comme des
cheveux ou un vêtement ; floraison boursouflée de feuilles en expansion.
Ces structures-mouvements sont nues. C'est notre esprit qui les habille, par association d'idées : drapé, chevelure, fils électriques, cordage, boyau, tentacule, organe, serpent, racine...
L'indétermination de ces formes ouvertes laisse de l'espace à l'imagination pour exercer son libre jeu, au gré de ce qui agite notre esprit. Claire Lindner s'amuse ainsi à faire apparaître des formes équivoques, à faire jouer l'ambiguïté. Ses oeuvres suscitent souvent des réactions vives, viscérales, entre rejet et fascination.

Kimberley Harthorn

extrait du catalogue d'exposition Landscape Within

édité par l'EACV et la ville de Vallauris

Photos ci-dessus: Anthony Girardi

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